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Cenon pendant la Seconde Guerre Mondiale

Nous vous proposons de retracer la vie et les décisions municipales pendant la Seconde Guerre Mondiale.

Vue présentant un quartier dont une maison détruite.
Cenon, décembre 1940

La vie municipale de 1939 à 1945

26 mai 1939 :

Le conseil municipal vote la création d’un corps de sapeurs pompiers. En effet, il est jugé indispensable qu’une commune importante comme celle de Cenon puisse assurer les premiers secours en cas d’incendie, et que d’autre part, en cas ce conflit international, les pompiers de Bordeaux ne pourraient plus assurer le service de défense de toute la banlieue. Le corps de sapeurs pompiers serait composé de huit hommes au maximum et d’un sous-officier.

En 1940

21 avril 1940 : En raison des circonstances actuelles et, suivant une circulaire du Ministre de l’Intérieur, il est obligatoire que les gardes champêtres soient porteurs d’une arme dans l’exercice de leurs fonctions. Il est donc procédé à l’armement des trois gardes de la commune.

25 août 1940 : Monsieur Desbats, adjoint tient à féliciter Madame Meyer pour le dévouement, le zèle et le travail accompli pour diriger le secrétariat de la mairie pendant la période difficile de la guerre, en l’absence du secrétaire mobilisé aux armées.

15 décembre 1940 : Huit personnes ont été tuées à la suite du bombardement aérien du 08 décembre 1940. Suite à ces tristes évènements, Monsieur le Maire a fait procéder aux obsèques de ces personnes aux frais de la commune.

1941 - 1942

27 décembre 1941 : Le budget est en augmentation par rapport à l’ancien exercice. Ces frais supplémentaires sont générés par le service de police et le service du ravitaillement, malgré que pour ce dernier, l’administration n’ait pas le personnel suffisant pour assurer des distributions rapides et éviter de longues attentes à la population.

16 mai 1942 : Suite à une lettre de Monsieur l’Intendant général directeur du Ravitaillement, un appel aux propriétaires de véhicules à gazogène est lancé pour assurer le service de transport de marchandises provenant des Capucins ou des grossistes de Bordeaux vers les détaillants de la commune. La commission municipale du ravitaillement est composée de Messieurs Jambert, Tauhuré, Cassan, Belliard et de Madame Couybes.

1943

03 juillet 1943 : Suite au bombardement aérien du 17 mai 1943 qui a entrainé la mort de cinq cenonnais et blessé six autres personnes dont trois grièvement, Monsieur le Maire adresse un hommage ému aux morts et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. Les obsèques des victimes ont été payées par la municipalité (2 832.50 francs).

Monsieur Esteben est désigné pour représenter le conseil municipal au sein de la commission communale de ravitaillement.
Le conseil municipal vote une subvention de 10 000 francs en faveur du Comité local d’assistance aux prisonniers de guerre car ce dernier manque de ressources pour pouvoir envoyer des colis gratuits aux enfants de Cenon encore détenus en Allemagne. Cette subvention permettra d’envoyer un colis à chaque prisonnier de la commune.
La municipalité vote la construction de tranchées abris pour les enfants des écoles du Bas Cenon (Ecole du Pichot et école libre de l’avenue Jean Jaurès) pour la rentrée d’octobre.

Monsieur le Maire indique au conseil qu’à la fin du mois d’avril dernier les troupes d’occupation ont réquisitionné le groupe scolaire du Haut Cenon en totalité. De ce fait, la municipalité est à la recherche d’un local pour installer les 300 enfants. Le domaine Lamothe, dont le propriétaire est Monsieur Roy, est loué pour une année pour la somme de 20 000 francs.

19 novembre 1943 : La commune compte à cette date 185 prisonniers. Le conseil municipal décide la création de livrets aux prisonniers et vote un crédit de 11 100 francs pour assurer le versement d’une somme de 60 francs par livret afin de constituer un pécule à chaque prisonnier se trouvant encore en captivité.
Suite à la fermeture des classes du Bas Cenon, la municipalité loue dans la partie non menacée de la commune trois appartements pour accueillir les enfants du Bas Cenon non évacués :
-    chez Madame Corméré, rue du Professeur Calmette pour 100 francs par mois
-    chez Monsieur Gaussens à Viravent pour 200 francs par mois
-    chez Monsieur Sursol au bourg gratuitement

1944 - 1945

15 juillet 1944 : Suivant une lettre de Monsieur le Préfet du 06 juin 1944 relative à l’exécution de certains travaux pour le compte des troupes d’occupation en application de l’article 52 de la convention de La Haye, la commune a l’obligation de creuser des trous dans certaines prairies désignées par les allemands et d’implanter des poteaux de 4,50 mètres de hauteur. La dépense engagée de 25 000 francs sera remboursée après exécution par l’armée allemande.

28 août 1944 : Le conseil décide la suspension de Monsieur Arsène Rousset, secrétaire général. Une commission d’enquête est chargée de statuer sur son attitude administrative au cours des années 1940-1944.
Le service de ravitaillement s’est préoccupé de l’alimentation en vivres et en lait afin que la population cenonnaise ne souffre pas trop des circonstances actuelles.
Des remerciements sont prononcés à l’égard des cenonnais pour la confiance accordée au nouveau conseil qui assure de toute sa sincérité, sa résistance contre l’envahisseur et son dévouement dans les beaux jours de libération qui vont suivre.

07 octobre 1944 : Le nouveau conseil fait une minute de recueillement en hommage à tous les morts de la guerre y compris les victimes civiles de la barbarie allemande.
Il est ensuite procédé à la lecture des deux rapports d’enquête sur l’attitude de Messieurs Rousset et Saucat et de Mademoiselle Rousset (personnel municipal) pendant les hostilités. Ces rapports qui contiennent les mêmes renseignements et qui font ressortir la tendance de ce personnel pour la collaboration avec l’Allemagne concluent que le dit personnel ne peut, vu son attitude, servir dans une administration publique de la 4ème République. Ces deux rapports seront confondus en un seul par les soins de la Commission d’épuration puis soumis au visa du maire et transmis au Comité de Libération et au Commissariat de la République pour suite à donner.

19 novembre 1944 : La création de livrets aux prisonniers n’ayant pu se réaliser l’année précédente, la somme de 11 100 francs est de nouveau engagée pour concrétiser ce projet. La municipalité fait procéder au changement de nom de la Rue du Maréchal Pétain en Rue de la Libération.

25 février 1945 : Le conseil décide qu’en souvenir des malheureuses victimes de la Gestapo, les noms des quatre fusillés de Cenon seront donnés aux rues où ils habitaient avant leur arrestation.
    - Rue Denise : Rue Lucien Granet
    - Rue Brulevin : Rue Louis Mondaut
    - Rue de la Chabanne : Rue René Michel
    - Rue Testaud : Rue Albert Dupeyron
Les plaques des rues porteront la mention « fusillés par les boches 1939-1944 ».
De plus, le groupe scolaire du Bas Cenon est dénommé Groupe scolaire Camille Maumey en souvenir de cet instituteur de Cenon lâchement fusillé par les allemands.

19 mai 1945 : La commune vote une participation de 5 000 francs pour l’érection d’un monument à Saint Michel en Charente en mémoire des victimes de la Gestapo, fusillées à Saint Michel et parmi lesquelles figurait René Michel.