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Bulles en hauts de garonne

Tous les ans au mois de mars, les bulles s’élèvent sur la rive droite de l’agglomération bordelaise. Le territoire du Grand Projet des Villes (Bassens, Cenon, Floirac, Lormont) accueillant à tour de rôle, le festival intercommunal de la BD, Bulles en Hauts de Garonne, organisé par l’association Passage à l’art.

Festival gratuit et tout public, Bulles en Hauts de Garonne est LE bon moment pour faire connaissance avec les auteurs, se faire dédicacer ses albums préférés, participer à des ateliers techniques, visiter des expositions…C’est aussi et surtout un temps fort, organisé généralement le dernier week end de mars, qui clôture plusieurs mois d’actions de sensibilisation : parcours BD, résidences d’artistes, rencontres échanges dans les médiathèques des 4 villes…bref une immersion en douceur et avec bonheur dans l’univers luxuriant de la bande dessinée.

Retour sur l'édition 2013

Les 24 et 25 mars, c'est le pôle culturel du Bois fleuri à Lormont qui accueillera la 12ème édition du festival. Avec comme fil conducteur la mémoire : la mémoire collective, la mémoire comme souvenir, la mémoire d'un territoire... Les auteurs invités déclineront ce thème pendant tout le festival. A découvrir une soixantaine d'auteurs en dédicaces, des ateliers, des concerts dessinés, des démonstrations de dessin, des expositions...

Plus d'infos sur le blog du Festival

Focus sur Apprenti / Ouvrier, de Bruno Loth

Illustrer les mémoires de son père, c’était comme un devoir. Bruno Loth, scénariste et dessinateur a choisi de retracer l’histoire de Jacques Loth, son père, lorsqu’il était apprenti puis ouvrier aux chantiers navals de Bordeaux. Dans un contexte particulier, celui du Front populaire et de l’occupation. Le 13 mars dernier, il était l’invité de la médiathèque Jacques Rivière, qui accueillait l’auteur pour une rencontre dédicace en parallèle de son exposition, installée jusqu’au 30 mars prochain.

Autour de l’histoire, en 3 questions...

Bruno Loth est aux prises avec ses lecteurs, et on perçoit déjà son empathie naturelle, son envie d’écouter, raconter, partager et… dessiner, y’a dédicaces quand même. On se glisse entre deux rencontres et on pose 3 questions, histoire de susciter l’envie de croiser le bonhomme lors du Festival Bulles en Hauts de Garonne, le 24 mars prochain.

Les albums Apprenti et Ouvrier relatent l’histoire de votre père aux chantiers navals de Bordeaux. Le public présent ce jour joue plutôt dans la catégorie adulte...c’est une BD réservée aux « grands » ?

C’est une bd pour les ado et les adultes. C’est vrai que le sujet c’est le milieu du travail, ceci pouvant expliquer cela. Pourtant dans Apprenti puis dans Ouvrier, on découvre l’histoire de Bordeaux, on s’imprègne d’une époque… C’est une façon plus amène d’appréhender le passé. Et en même temps, je remarque ici, dans une médiathèque, mais aussi dans les salons et festivals de bandes dessinées qu’on y trouve moins de jeunes, j’ai simplement l’impression que ces générations sont moins lecteurs qu’avant…

Pas facile de décider votre papa à témoigner et raconter son histoire ?

Au départ, il n’y voyait tout simplement pas l’intérêt,  « la vie d’un ouvrier ça va intéresser qui? » Il avait lui-même consigné des épisodes de sa vie dans des petits carnets qu’il tenait à jour. Ses récits m’ont aidé à argumenter, expliquer qu’au contraire la vie d’un ouvrier méritait d’être racontée, dynamisée. Et je lui ai prouvé à la sortie d’Apprenti, le tome 1. Le résultat lui a même donné l’envie de poursuivre. Ce qui n’était pas gagné, car le tome 2 Ouvrier, avançait dans l’histoire et devait aborder la période de la deuxième guerre mondiale… Et même si j en parle et la montre peu, pour l’antimilitariste qu’était mon père, ressusciter ces passages douloureux n’allait pas sans effort. Le troisième tome est en préparation… on arrive sur la rencontre avec ma mère, la fin de la guerre…une trilogie qui se terminera bien.

Plusieurs des  lecteurs venus aujourd’hui à la médiathèque vous racontent des anecdotes de leurs aïeuls sur cette époque. Imaginez vous vous en inspirer pour la suite ?
J’aurais pu oui. On m’a donné des noms de personnes que mon père a connues. Mais j’ai fait le choix délibéré de raconter sa vie et sa vision de cette période. Y intégrer des faits, des ressentis vécus par d’autres auraient biaisé son histoire. J’ai voulu rester fidèle à ce qu’a vécu mon père. J’ai gardé cette ligne de conduite jusqu’à présent et je ne m’en éloigne pas.

Témoignages de lecteurs

Marcel nous montre fièrement sa magnifique dédicace. Le président d’Esperanto Gironde a le sourire aux lèvres lorsqu’on le croise, juste après sa rencontre avec l’auteur. « Le sujet et le contexte d’apprenti et ouvrier, m’intéressent particulièrement. A l’origine notre association, fondée dans les années 60 s’appelait le groupe des travailleurs esperantistes de Gironde. Les milieux ouvriers et salariés nous ont toujours intéressés. Et en discutant avec Bruno Loth aujourd’hui, j’apprends que son grand père était un lui-même un esperantiste, c’est incroyable ! Et motivant. On imaginait à l’instant la possibilité d’une traduction des deux albums en esperanto. Ce serait formidable. »

Alain, venu à l’exposition suite à la réception d’une invitation personnelle, est un amateur de BD. « Je suis tombée dans la BD tout petit. Je pense qu’un enfant n’a pas envie de lire un livre historique. Il y a donc de grandes chances qu’il commence par s’intéresser aux livres avec images. Je suis venu à la rencontre de Bruno Loth, car je suis un amateur de Ermo, sa première série. J’aime son un joli coup de crayon et sa rédaction. Je considère en outre qu’une BD doit forcément se marier avec un fait historique, cela me parait « d’indispensable».

Jocelyne, elle n’est pas vraiment  une amatrice de BD. « Ce qui m’a attirée aujourd’hui, c’est l’histoire. Mon père a vécu pendant la période et a été lui aussi un ouvrier, comme le père de l’auteur. Je ressens comme le besoin de lire cette BD pour comprendre la période historique et la vie de ces années là. Ca me sera utile pour savoir ce qu’a vécu mon père et ca m’aidera à reconstruire dans mes souvenirs l’image de cette période. Aujourd’hui je suis d’autant plus émue, que je découvre.

L'exposition en quelques mots

L’exposition du scénariste/ dessinateur Bruno Loth est présente jusqu’au 30 mars à la médiathèque Jacques Rivière.  Dès l’entrée, sont mis en évidence des extraits de la BD, accrochant le lecteur dès son arrivée. L’exposition construite par l’auteur court dans l’ensemble de la médiathèque , avec des photos personnelles de son père, des coupures de journal, des carnets de notes… et une banderole revendicative, reflet du contexte historique et de la mutation de la France en proie à des changements économico-sociaux et politiques. Autant d’éléments qui donnent un aspect authentique à l’exposition et salutaire pour appréhender par l’image des faits historiques de l’époque d’avant guerre.